Le rôle de l'assistant de français langue étrangère
Un exemple: mon expérience en
Grande-Bretagne
Pendant
huit mois, j’étais en charge
d’assister les
professeurs de français de deux
collèges-lycées dans la banlieue nord de Londres, dans
des classes allant de la
sixième à la Terminale. En Grande-Bretagne,
l’équivalent de notre Brevet des Collèges (appelé
GCSE) se passe
à la fin de la Seconde (Year 11), et comme en France, ils
passent l’équivalent des épreuves anticipées du
Baccalauréat (appelé AS-Levels) en première (Year
12), et l’équivalent du Baccalauréat (appelé
A-Levels) en terminale (Year 13). Mon rôle était
différent dans les classes de la sixième à la
quatrième, de troisième et de seconde, et de
première et de terminale, mais quelques aspects restaient les
mêmes pour toutes les classes.
Tout au
long de l’année, j’ai essayé de rendre mes cours
intéressants en variant les activités et les
façons de traiter les thèmes à aborder. J’ai aussi
dû m’adapter aux notions socio-culturelles britanniaques pour
garder l’attention des élèves les plus vite
déconcentrés (en utilisant un jeu de plateau qui
représente un terrain de football, par exemple), ou pour
expliquer des notions et des situations totalement différentes
dans nos deux pays (en expliquant que le mot « cité
» ne signifie plus seulement « ville », par exemple).
Généralités :
-Objectif: Le
but de ma présence dans ces écoles était
d’introduire aux élèves le point de
vue d’une «
vraie » française : cela permet aux apprenants de donner
un aspect concret à ce qu’ils apprennent, puisque tous n’ont pas
l’opportunité de pratiquer le français en dehors de
l’école, que ce soit à la maison (parents francophones,
télévision équipée du câble) ou par
des voyages.
-Réalisation
: C’est, d’une part, grâce à ma
présence, et d’autre part, grâce aux documents que j’ai
apportés (chansons enregistrées, films, journaux,
dépliants publicitaires, billets de train…) que les
élèves ont pu concrétiser leur idée de la
France, de la culture et de la société française :
en m’écoutant parler, et en utilisant, lors d’exercices, ces
documents, qui représentaient des aspects de la vie de tous les
jours en France.
Je
travaillais en partenariat avec les
professeurs de chaque classe, et
mes cours étaient adaptés à ce que les
élèves étudiaient en classe.
Les
professeurs m’ont d’autre part régulièrement
demandé de l’aide pour la correction
des devoirs.
Classes de
la
sixième à la
quatrième (Year 8 à Year 10):
-Objectif: : faire
retenir aux élèves les structures
grammaticales et le vocabulaire français
basiques, tout en
découvrant des aspects de la culture française.
-Réalisation
: avec les élèves des petites
classes, en phase de découverte de la langue et de la culture
françaises, je pouvais soit faire des interventions
en classe
(apprentissage d’un chant de Noël, activités sur
rétro-projecteur), soit prendre des petits
groupes (de 8
à 4 élèves selon la taille des classes et le temps
de réalisation d’une activité) pour des activités
nécessitant moins d’élèves (jeux de type «
Je suis allé au marché, et j’ai acheté… »,
par exemple), pour leur faire répéter et retenir ce
qu’ils avaient appris lors des leçons avec les enseignants.
Classes
de
troisième et de seconde (Year 10 et Year 11):
-Objectif: :préparer les élèves aux diverses
épreuves du GCSE : lecture (comprendre un texte écrit),
écriture (rédiger en français), dialogue (soutenir
une conversation en français), écoute (comprendre du
français en l’écoutant). Pour le dialogue, ils ont une
liste de questions qu’ils doivent reconnaître puis y
répondre lors de l’examen oral. Mon rôle était tout
d’abord axé sur les aspects oraux, mais à mesure que
l’examen approchait, je les ai aidés pour la
rédaction.
-Réalisation
: au travers d’activités pédagogiques
avec des groupes de 2 à 5 élèves
réunissant
l’écoute et le dialogue (jeu de l’oie avec les questions de
l’oral, par exemple), je les aidais à se souvenir de ces
questions, et à essayer d’élaborer des réponses
personnelles en début d’année, puis à les
réviser en fin d’année. Pour la rédaction, j’intervenais en cours avec
le professeur pour expliquer des
règles de grammaire difficiles à retenir, ou pour
apporter des formules idiomatiques permettant de rendre plus vivant le
texte qu’ils devaient réaliser.
Classes de
première et de terminale (AS et A-Level):
-Objectif: :aider les élèves à se préparer
aux
épreuves de AS et de A-Level, qui sont aussi lecture,
écriture, dialogue et écoute, mais qui demandent
évidemment beaucoup plus de vocabulaire, de connaissances
grammaticales (plus les formes grammaticales utilisées par
l’élève sont élaborées, meilleure est la
note) et de connaissances de civilisation française. Ces quatre
épreuves sont développées autour de sujets de
société, tels que le système éducatif, la
santé, le racisme, la mondialisation… Les élèves doivent être
capables de tenir une conversation sur un de ces thèmes, en
donnant des exemples d’actualité.
-Réalisation
: J’intervenais le plus
souvent en classe -- en
sachant que la classe la plus nombreuse comptait 8
élèves, et la moins nombreuse 2 élèves -- pour des sujets tels que la
Sécurité Sociale
(avec des dépliants sur la Carte Vitale), le racisme (avec une
chanson de rap dont on a expliqué les paroles), les loisirs des
français (avec un article de journal sur la balade en roller de
Paris). A la fin de l’année, pour la rédaction de leurs
essais, les élèves me demandaient de les
aider à
trouver des exemples d’actualité portant sur les sujets qu’ils
avaient choisis. Quand je prenais des groupes en dehors de la classe,
c’était en général pour diviser la classe en deux
groupes et faire avec une moitié de la classe un travail oral
que le professur faisait avec l’autre moitié, pour inciter les
élèves timides à prendre la parole. J’ai aussi
fait passer des examens d’oral blancs,
en face à face.