A la fin du Ramadan, les musulmans fêtent l'Eid, quatre jours (+
un jour de congé à l'Alliance) durant lesquels tout le
Bangladesh est en vacances: c'est le moment d'aller voir sa famille,
ou, pour moi, la seule opportunité de m'aventurer hors de Dhaka.
Avec Nicolas, rencontré dans l'avion, on prend nos sacs à
dos, notre guide et nos crèmes anti-moustiques, et c'est parti
pour la plage et la nature!
Départ en bus lundi matin (le
23 octobre) avec deux heures de
retard : c’est le premier jour de congé, on nous a dit que les
routes seraient bondées, les hôtels aussi, et qu’on
n'aurait aucune chance de trouver de chambre, mais l’aventure, c'est
l'aventure!
Tout d’abord, direction Chittagong, dans le sud, dans un bus super
classe, sièges en cuir, trois sièges par allée au
lieu de quatre, la clim et la télé. Il faut avouer qu'on
a subi la télé: ils ont passé des films en bangla
qui avaient l’air de correspondre à des De Funès avec des
téléphones portables. Après ça, des clips
de soi-disant-rockeurs-au-grand-coeur, très très
drôles au début, puis assez douloureux pour les oreilles
au final. On nous avait annoncé 6 heures de trajet maxi, on en a
fait 9, dont bien 3 heures à 30 km/h de moyenne...
Notre voisin de rangée a expliqué a Nico qu’il avait des
tas de vêtements à exporter, qu’il avait
déjà un partenariat avec Carrefour, mais qu’il cherchait
d’autre partenaires... A l'arrivée à
Chittagong, il nous a
aidés à trouver un hôtel... ou nous a imposé
son aide, plus exactement, car j'ai essayé de lui faire
comprendre trois fois qu'il n'avait pas besoin de se donner autant de
peine pour nous, qu'on préférait le faire tout seuls,
mais rien à faire. Il voulait tout d’abord nous emmener
dans un 5 étoiles (vu qu’il devait croire qu’on était de
riches entrepreneurs...), mais je lui ai dit que non, on n’etait pas
millionnaires, donc on s’est retrouvés dans un petit hôtel
sympa. Il nous a fallu lutter pour pouvoir louer la chambre, parce
qu’aucun de nous deux n’avait son passeport avec le numero de visa
(parce qu'il est écrit sur le site de l'ambassade qu'il vaut
mieux prendre une copie de son passeport plutôt que l'original,
et le détail du numéro de visa leur a
échappé), et le gérant disait qu’il ne pouvait pas
nous
louer de chambre dans ce cas, et qu'on ne trouverait aucun hôtel
respectable pour nous louer une chambre sans cette information.
Heureusement, Nico a retrouvé son papier d’immigration
sur lequel tout était écrit (d'ailleurs, c'est pas pour
me vanter, mais c'est moi qui lui avais conseillé de le garder
bien soigneusement), et voilà, ça s’est arrangé.
Le lendemain matin, j’ai lu ce que disait le
Lonely Planet sur
Chittagong, et ça ne me donnait pas franchement envie de rester,
surtout parce que j'avais un besoin pressant de voir autre chose que du
béton et des rues. Je suis donc sortie tôt pour trouver
des bus vers Cox’s Bazaar (la
plage !!), et je suis vite retournée réveiller Nico,
parce que j’étais
la seule femme dans la rue, et j’avais l’impression d’être un
monstre,
encore une fois. On a finalement trouvé un petit bus tacotique
(oui, j'invente le mot) pour nous
emmener, les lignes principales étant fermées pour
congé.
La
route était magnifique : la jungle, des rizières,
un
paysage verdoyant,
la nature luxuriante... ça fait très cliché, je
sais, mais c’était
vraiment ca. Pour prendre les photos, j'ai souvent été
tentée de demander au chauffeur
de s'arrêter, mais finalement, avec le mouvement, ça rend
assez bien. Comme dans d'autres endroits, on a pu voir une usine de
briques, avec sa grande cheminée plantée dans un marais,
et entourée de tas de briques. On a fait une petite escale dans
une ville, pour acheter quelques trucs (pas à manger ni à
boire, c'était encore le ramadan!)... avant de repartir cahin
caha pour Cox's Bazar.